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On peut le dire, sans peur de se tromper, que notre réflexion, suite à la disparition de Herizo Razafimahaleo, est restée en travers de la gorge de quelques-uns, au rang desquels l’élite des petites frappes opérant dans le milieu journalistique malgache, qui comme un affamé, trop longtemps rationné en nourriture solide et revigorant pour le corps et l’esprit, s’est jeté de façon frénétique dans une diatribe indigeste, sans avoir visiblement pris le temps de mâcher, donc de réfléchir aux propos publiés ; l’obligeant à régurgiter - aussi sec - une bouillie faite d’ineptie, mélange infecte constituée d’une tentative malheureuse d’analyse politique et de divers états d’âme personnels, qui dissimulent mal, au bout du compte, une quête de reconnaissance et d’approbation pour ce qu’il estime être un chef-d’œuvre de plus à comptabiliser dans son parcours d’éditorialiste.
À l’instar des multiples communiqués de presse, qui sans exception reviennent sur le passé de feu Herizo Razafimahaleo, sans qu’un seul n’évoque clairement ce que sera la suite à donner quant au combat mené par cet opposant classé parmi les modérés, notre « redresseur de tort national » souhaite également et sciemment que perdure l’immobilisme ; Seul état, qui visiblement, lui permet de continuer à ménager « la chèvre et le chou », seule possibilité pour lui de continuer à gagner sa misérable croûte sans prendre de risque, tout en continuant à prospérer dans un environnement scabreux fait à son image, se contentant du minimum syndical en oubliant son rôle qui consiste à éclairer la société en évitant autant que possible de prendre parti.
Dans une tentative pathétique et désespérée, le voilà donc qui assène ce qu’il pense être la « vérité », sa « vérité », distribuant les rôles au gré du truchement épileptique de sa plume, cherchant à confronter ceux qui n’ont pas à être confrontés, traçant des plans sur la comète en endossant l’habit du devin, pensant et réfléchissant pour les uns et les autres, et s’instituant arbitre d’un match dont il n’est finalement qu’un spectateur parmi tant d’autres, avec toutefois une pointe d’hooliganisme qui ne sied évidemment pas à la profession qu’il prétend représenter, avec ce que tout cela exige en termes de déontologie et de neutralité.
Il est en tout cas un fait, et cette démonstration caricaturale et fétide du pseudo journalisme à la sauce malgache le prouve sans concession, que si l’opposition - comme nous le laissions entendre dans notre réflexion - ne se reprend pas en main et se donne les moyens de produire et d’imposer sa propre communication, tout en se conduisant de façon professionnelle ; elle laissera indéfiniment le champ libre à tout un tas de « parasites » qui dicteront son agenda et brouilleront son image. Ces « parasites » n’ont d’ailleurs aucun mal à s’accrocher et à vivre au dépend du premier « gros bras » venu, du moment que celui-ci leur donne suffisamment en retour. Les différents dirigeants qui se sont succédé à la tête de Madagascar savent à quoi s’en tenir sur ce point.
En effet, il est clair que ces « parasites » ne cherchent nullement à faire avancer la société en produisant des analyses critiques et percutantes sur l’état désespéré dans laquelle elle se trouve, puisque comme on peut le constater une fois encore, leur objectif premier n’est pas d’informer, mais d’abord de se nourrir. Et pour cela, ils sont prêts à se baisser plus bas que terre, instrumentalisant l’outil qui leur est offert par leurs employeurs, pour finalement régler des comptes personnels, diffamant les uns et encensant les autres.
Toujours est-il et pour clore cette aparté, que la question reste donc tout entière : « Quel sera l’héritage politique laissé par Herizo Razafimahaleo, et qu’en fera l’opposition, si tant est qu’elle en a quelque chose à faire ? »
Car, par cette disparition tragique pour sa famille et ses proches, l’opposition perd également l’un des siens, éclaircissant encore un peu plus les rangs des opposants au régime autocratique actuellement en place à Madagascar, qui en plus de se frotter les mains en pareille situation, fait preuve d’une hypocrisie abjecte en se rendant au chevet du défunt. Car en effet, et pour en revenir à notre « éditorialiste vedette », dans un article datant du mois de juin et signé de son nom, titré : « Grande gueule de l’opposition, tous en prison ! » ; celui-ci narrait que : « … Des caciques du régime de Ravalomanana caressent, avec la plus grande joie, l’idée de le voir (Herizo Razafimahaleo) … se dégraisser derrière les barreaux. » La famille du défunt appréciera.
Cette simple réflexion, de la part des membres du pouvoir en place et reprise par notre parasite de service, en dit suffisamment long sur ce qu’ils pensent de l’opposition, de sa place et de son rôle dans la vie politique du pays.
Dès lors, et pour un opposant digne de ce nom, on ne peut rédiger une oraison funèbre alors que le défunt fut à un moment une cible - qui si la mort ne l’avait pas emporté, aurait à un moment ou à un autre fait l’expérience des geôles du pouvoir - sans adresser également un message fort pour l’avenir. Car comme nous le disions dans notre réflexion : « Le plus bel hommage que l’on peut rendre à la mémoire de Herizo Razifimahaleo, c’est de continuer son combat, et surtout de le mener à son terme. »
Malheureusement, aucun opposant, en tout cas parmi ceux qui ont pris la voie des communiqués officiels, n’a formulé cette impérieuse nécessité. Ils se sont contentés d’un message classique, qui en pareille circonstance, s’adresse normalement par voie privée, directement à la famille et non au vu et au su de tous, étalé à travers les journaux et les différents supports médias.
Ce n’est certes pas une faute, mais c’est clairement un manque de professionnalisme, et n’en déplaise aux « redresseurs de tort », cette situation doit changer. Cela a déjà causé beaucoup trop de tort à l’opposition dans le passé, pour que l’on continue dans cette voie.
Peu importe qui incarnera le leadership, du moment qu’il prenne conscience de l’impériosité de changer de méthode, à commencer par réaliser l’union des forces en présence, d’organiser intelligemment les différentes composantes, et de tirer toute la quintessence des différents talents des uns et des autres. Il faut au moins cela avant d’espérer convaincre l’opinion publique et ensuite d’en venir à bout du dictateur en puissance qu’incarne Marc Ravalomanana. La Rédaction
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