Un an déjà, un an d’une crise qui a ruinée tout espoir de changement pour une population plongée dans une détresse morale, physique et matérielle, que certains qualifient de « sans précédent ».
A la tête du pays, un « pantin » entouré d’une équipe dirigeante « hétéroclite » rompue à toutes les formes d’indélicatesses, entièrement absorbée à pérenniser sa mainmise sur le pouvoir, sous couvert d’une « démocratie » fictive, qu’à se préoccuper du sort de la population, dont ils ne cessent pourtant pas de se réclamer pour se dédouaner de ses multiples frasques éhontées.
Pierrot Rajaonarivelo, Père Pedro Opeka : Visite au centre d'accueil de l'association AKAMASOA
Jamais à court d’idée et de tromperie, le « pouvoir de fait » use de toutes sortes d’artifices pour transformer le caractère provisoire d’une « transition politique » en une situation figée, avec au bout du compte, le secret espoir de s’éterniser à la tête du pays, quitte à engager le pronostic vital d’une nation économiquement, socialement et politiquement à bout de souffle ; cela, en s’opposant systématiquement - sous des prétextes toujours fallacieux - à toutes formes d’inclusivité et de consensualité dans la gestion de la « transition ».
C’est dans ce contexte de misère économique et intellectuelle, de faillite morale et matérielle que s’organise la survie de la majorité silencieuse. Certes, ce n’est pas une situation nouvelle, mais alors que penser de l’inflation de promesses non tenues, l’égrenage de litanies qui ne convainc et ne rassure que leurs auteurs. La population elle, et comme à l’habitude, doit se contenter des déclarations sans lendemain, des formules creuses et plus concrètement du bon vouloir d’une minorité qui concentre entre ses mains tous les pouvoirs.
D’ailleurs à bien y regarder, et malgré les différentes luttes populaires, plus ou moins sanglantes, qu’a connu le pays jusqu’ici, la société malgache n’a jamais évolué. Il est clair, et la situation actuelle le prouve encore, que le pouvoir est accaparé par une minorité, une oligarchie décadente qui fonde sa domination sur la perpétuation de traditions héritées des temps anciens et qui cherche à reproduire perpétuellement un système de « caste » qui divise la société en différentes catégories et sous-catégories, à l’intérieur de laquelle les barrières sociales et culturelles sont quasiment infranchissables.
En se débarrassant de celui qu’elle croit détenir le pouvoir suprême et incarner le mal absolu en la personne des différents présidents qui ont dirigés le pays, c’est-à-dire Philibert Tsiranana, Didier Ratsiraka, Zafy Albert, et Marc Ravalomanana, la majorité silencieuse pensait à chaque fois avoir fait le plus dur. Toutefois mal lui en a pris, car même si ces différents dirigeants ont tour à tour outrepassé leur droit et leur devoir, avec plus ou moins de gravité, le véritable problème de ce pays, c’est-à-dire la « minorité », dont les représentants les plus visibles sont connus de tous, du fait même de leur implication dans les différentes crises qu’a connu le pays, continue de manœuvrer en coulisse, sans autres considérations que l’appropriation de tous les domaines d’activités lucratives, reléguant la politique et son vrai sens qui n’est autre que « la gestion de la citée », au rang d’accessoire de domination et de répression.
Leur objectif prioritaire est de continuer de concentrer tous les pouvoirs entre les mains de quelques individus, de quelques familles et plus généralement, entre les mains d’une caste dont le mode de fonctionnement et d’existence est l’antithèse même de l’idée que l’on se fait d’une société moderne qui attribue généralement le pouvoir et les responsabilités qui en découlent, au mérite des individus et non pas seulement selon la lignée familiale, les antécédents claniques ou le niveau de corruptibilité des nombreux courtisans dont ils aiment à s’entourer.
Maintenus à la marge, privés de toute possibilité d’émancipation, c’est ainsi que la cohorte des exclus s’allonge de jour en jour. La misère et les privations sont devenues un mode de vie, une réalité, une déveine qui colle à la peau, qui corrompt les esprits et qui travestit les mentalités.
Toutefois et dans leur malheur, certains ont plus de chance que les autres, car malgré tout, face à la démission des autorités, il existe des structures dirigées et gérées par des hommes engagés comme le Père Pedro Opeka, qui fait de la réhabilitation humaine et de la réinsertion économique et sociale des plus pauvres une mission prioritaire.
C’est au sein de l’association « AKAMASOA » que tout cela se passe. Des familles entières de Malgaches pauvres, exclues de la société y réapprennent les règles fondamentales de toute vie en société, comme elles apprennent à devenir les acteurs de leur propre développement par le fruit de leur travail et en scolarisant leurs enfants. En contrepartie, le Père Pedro Opeka et l’association « AKAMASOA » met à leur disposition un cadre favorisant leur insertion.
Pierrot Rajaonarivelo en tant qu’homme d’État, mais avant tout, en tant que citoyen malgache soucieux du sort de ses compatriotes, s’est rendu dans la banlieue de Tananarive, là où l’association « AKAMASOA » sous la direction du Père Pedro, est installée, pour s’enquérir de cette expérience que l’on peut qualifier de concluante.
Les deux hommes ont pu échanger leur projet respectif. Le Père Pedro, en tant que « bâtisseur », a prouvé qu’il était possible de fournir un foyer, même aux plus indigents. Un toit étant la base même de la reconstruction d’une vie. Pierrot Rajaonarivelo lui s’est imprégné des réalités vécues par les exclus du système, par ceux dont personne ne veut et que l’on expulse sans ménagement des rues de la Capitale, Tananarive, sans que les autorités ne leur proposent d’alternative que le vagabondage et la survie dans les dépotoirs à ciel ouvert qui entourent la Capitale.
 Pierrot Rajaonarivelo, Père Pedro Opeka : Visite au centre d'accueil de l'association AKAMASOA
Pierrot Rajaonarivelo, Père Pedro Opeka : Visite au centre d'accueil de l'association AKAMASOA
Pierrot Rajaonarivelo, Père Pedro Opeka : Visite au centre d'accueil de l'association AKAMASOA
Pierrot Rajaonarivelo, Père Pedro Opeka : Visite au centre d'accueil de l'association AKAMASOA
Pierrot Rajaonarivelo, Père Pedro Opeka : Visite au centre d'accueil de l'association AKAMASOA
Pour plus d'informations, consultez le site internet des Amis du Père Pedro La Rédaction
|