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Il faut parfois savoir ramener les choses à leur juste valeur et ne pas verser dans une posture compassionnelle stérile qui fait la part belle à une prétendue unité dans la douleur, alors même que déjà l’on voit se dessiner les récupérations politiques bancales, à travers les multiples communiqués de presse des uns et des autres.
La mort d’un homme est toujours douloureux et si en plus celui-ci n’est pas un simple inconnu, et qu’à travers ses actions, il a contribué à quelques avancées, cela peut-être une grande perte pour la société toute entière.
Cependant, il ne sert à rien de rappeler à chaque oraison funèbre les qualités et les combats du défunt, si ceux qui restent ne le font que dans le but de faire montre de leur talent d’orateur ou de rédacteur. Dans le cas qui nous concerne, et puisque tout le monde s’accorde à dire que Herizo Razafimahaleo était un grand opposant politique, la moindre des choses serait certainement de continuer son combat et de le mener à son terme, à défaut de l’avoir soutenu de son vivant.
Oui, car il en est ainsi de l’opposition malgache, qui jamais ne se pose la question de savoir pourquoi son existence n’est faite que de défaites, de persécutions et d’humiliations.
En effet, paradoxalement, dans le combat, elle avance en ordre dispersé, incapable d’agir avec cohésion, de réunir ses forces, en somme de faire l’unité contre ses adversaires. Par contre dès qu’il s’agit de regretter la disparition d’un être prétendument cher à leur cœur, dont on reconnaît finalement qu’il avait quelques points communs avec ceux qui prétendent incarner l’opposition, le discours des uns et des autres devient tout autre, véritable modèle d’union, d’idéal commun.
La chose est d’autant plus étonnante, que reviennent à la surface ceux que l’on a plus vu ni entendu, alors même que Madagascar s’achemine chaque jour un peu plus dans une situation des plus inquiétantes, en passe de se retrouver sous le contrôle total des puissances étrangères, ne laissant que peu d’espace de manœuvre aux nationaux, qui, pour les plus faibles d’entre eux, souffrent et parfois meurent dans la plus complète indifférence de ceux qui sont sensés les défendre.
Pire, les anciens leaders politiques, autrefois aux commandes du pays, donc connaissant un tant soit peu les rouages du système, qui par leurs expériences antérieures de dirigeants, pourraient apporter leurs éclairages sur la situation actuelle, sont paradoxalement les plus silencieux. Or, voilà qu’un événement, certes, tragique se produit, pour qu’à l’unisson, ils se mettent à sortir de leur réserve, toutefois en évitant de signer nommément leur déclaration, se contentant d’indiquer le terme qui caractérise leur situation politique et sociale actuelle ; Ce qui est une preuve, s’il n’en fallait, de leur manque de courage personnel et politique, cette autre caractéristique qu’entretien une bonne partie d’entre eux.
Bref, Madagascar a peut-être perdu un grand homme, mais cette perte sera d’autant plus grave, si ceux, qui aujourd’hui disent avoir les mêmes idéaux que le défunt, ne changent pas radicalement leur approche de la politique, plus précisément de leur rôle d’opposant.
Le plus grand hommage qu’ils pourraient rendre à Herizo Razafimahaleo, serait de mener à son terme le combat qu’il a lui-même entrepris tout au long de ces dernières années en tant qu’opposant au régime en place. Par ailleurs, les Malgaches en général, surtout cette grande majorité, à laquelle le régime en place inflige toutes les persécutions imaginables, a certainement besoin d’autres choses qu’une d’une opposition prostrée, qui se fait fort de parler d’une seule voix quand il s’agit de pleurer un défunt, mais qui agit en complète contradiction quand il s’agit de défendre les vivants.
La Rédaction
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ha ha ha ha attention, çà va saigner.....