| Madagascar-Soa est un Espace de débat |
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| Écrit par Maurice Beranto | |
| 05-06-2007 | |
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Depuis son ouverture, je consulte ce site ; je me suis efforcé de lire non seulement tous les articles mais aussi les commentaires. Lors de ma première intervention, j’ai émis le souhait que Madagascar-Soa soit un espace de débat où les malgaches arrivent à se parler, en toute indépendance d’esprit, certes, mais selon ce qui nous lie le plus, le Fifanajana et le Fihavanana.
{timg title:="Maurice Beranto" thumb:="images/stories/mberanto_t.jpg" img:="images/stories/m_berantobig.jpg"} Cliquer pour agrandir Mais, parfois, ce que je lis me laisse dubitatif. Je sens beaucoup d’intolérance dans certains commentaires. Quand celui qui écrit montre de quel bord il est, cela est normal, il n’y a rien à redire. Mais quand il démontre, trop souvent, qu’il n’est pas au fait des réalités telles qu’elles sont vécues par la majorité des Malgaches, cela devient gênant. Manifestement, trop de suspicion existe entre nous. Tout le monde doute de tout le monde. Nous voulons à tout prix pratiquer à la française, société manichéenne, mais troisième puissance nucléaire et cinquième ou sixième, peu importe, puissance économique du monde. Les Malgaches et Madagascar ne peuvent pas se payer ce luxe. Malheureusement !!! Je pense qu’il faudrait que nous fassions, tous, quelques efforts pour que cela change et que, enfin, nous ayons un endroit où les choses peuvent être dites, sans tabou certes, mais selon exactement les faits, tels qu’ils se sont passés. Car, comme on aime le dire, les faits sont têtus et ils sont les seules balises pour un vrai débat. Ce qui se passe dans notre pays est trop grave pour que nous laissions parler nos cœurs. La politique se fait avec la tête, mais non avec le cœur. Quand ils débattent sur le pays, économie, société, politique ou autres, trop de nos compatriotes parlent avec le cœur. Pour ce faire, comme préalable, je pense qu’il est primordial que nous reconnaissions, ensemble, l’importance de l’existence de ce que j’appelle le plus petit dénominateur commun entre tous les malgaches, en général et ceux qui lisent et interviennent sur Madagascar-Soa, en particulier. Puis, et c’est essentiel, chaque mot ou chaque expression qui compose ce PPDC doit avoir le même sens pour tous. Nous devrons donc accepter les faits, tels qu’ils sont. Nous devrions réaliser, entre nous, un ajustement mutuel. Car sinon, l’effort louable que nos compatriotes ont fourni pour créer ce site aura été vain et ce serait dommage. Aucun malgache de bonne volonté ne peut souhaiter cette issue à Madagascar-Soa. Ces choses de notre PPDC sont simples ; Madagascar est une République, laïque, avec un peuple composé de plusieurs ethnies avec une histoire commune faite d’histoires diverses et différentes, une constitution, et des tas d’autres choses incontournables et inaliénables. Mais nous devons aussi accepter que notre République doit être démocratique, en donnant à ces mots leur vrai sens, mais non celui qui convient à l’un ou à l’autre. Ainsi le fait d’être une République impose à tous des pratiques universellement reconnues. Quand je dis par exemple que Madagascar est loin de ce que l’on entend par « pays démocratique », je m’appuie sur des faits. Tout d’abord, acceptons que par démocratie tous entendent la liberté de parler, de se réunir, de s’exprimer, de voter. Discutons donc de ces faits, et voyons ensemble de leur réalité. Si ces faits sont avérés, il n’y a plus à discuter ; chacun prend acte. Point à la ligne, comme on aime à le dire. Evidemment, nous pourrions établir une échelle de valeur ; ce qui pourrait mettre d’accord le maximum d’entre nous. Madagascar est démocratique avec un degré 2 ou 3 ou même 5 ou 6, selon, sur une échelle allant de 1 à 10. Mais acceptons aussi qu’un résultat d’évaluation en dessous de 8 soit un degré inacceptable. Décidons de cela ensemble, et arrêtons de polémiquer, car il nous faut reconstruire, que nous le voulions ou non. Car si nous ne sommes pas capables d’arriver à ces points d’entente sur les faits, aucun débat ne pourrait avoir lieu. Pourtant, je suis de ceux qui pensent qu’il n’y aura, nulle part, de réel développement sans une vie démocratie véritable. Cette dernière réclame le débat d’idées. Pour ceux qui connaissent vraiment Madagascar et s’intéressent réellement, en toute liberté d’esprit, à la vie politique de ce pays, dire qu’il n’y a pas de démocratie dans ce pays, est un euphémisme. Que ceux qui pensent le contraire avancent donc les faits contraires, que nous analyserons ensemble. Je suis aussi de ceux qui pensent que la vie politique dans un pays démocratique ne peut se faire qu’à travers des partis politiques, dignes de ce nom. Le passé récent de Madagascar démontre que les acquis politiques et démocratiques s’y sont évanouis. Pour que Madagascar se développe, il doit retrouver ses propres valeurs démocratiques nourries par le Fifanajana (le respect mutuel) qui a engendré le Fihavanana (la solidarité) et le Teny ierana (la parole donnée). Les partis politiques malgaches doivent en être les outils. Dans ce dessein, ils doivent au préalable se reprendre et retrouver ce à quoi ils sont destinés, entre autres, l’encadrement politique de la population et la formation des dirigeants, à tous les niveaux, du maire de la plus petite commune rurale au président de la République, dont le pays a besoin. Car j’affirme que le parti politique est le seul endroit où l’on apprend à faire de la politique donc à diriger. Je suis aussi de ceux qui pensent que l’on devrait être moins affirmatif quand on dit que Tana est redevenue une ville propre. Allez donc voir le quartier et le marché d’Andravoahangy, le canal des 67Ha, Ampasika et ses abattoirs, ou Ambohitrarahaba et son assainissement à ciel ouvert. Ce sont pourtant des quartiers en plein cœur de Tana. Je ne demande pas que ces quartiers soient comme Isoraka, Antaninarenina ou Faravohitra. Mais voyons la superficie de ces beaux quartiers et comparons avec celle des autres. On verra que ce qui est lamentable est trop largement plus important que ce qui est beau !!! Encore une fois, établissons une échelle de valeur. Puis décidons ensemble si on est satisfait de notre capitale ou pas. Je pourrais parler ainsi du chômage, de la pauvreté, de l’insécurité et de tout ce qui interpelle tout citoyen qui suit le quotidien de son pays. Voilà les faits. Ils sont incontestables ; j’en fais, après, une analyse qui m’est personnelle. Mais cela est mon analyse et l’on ne pourrait pas me le reprocher. Voilà je pense la voie que nous devrions emprunter si réellement nous voulons le bien de notre patrie commune. Les transformations que chacun dit espérer ne peuvent survenir que par l’effort et la volonté de chacun à changer, en lui-même. FIDEM, rassemblement des démocrates de Madagascar, parti politique créé en 2003, est un des initiateurs et moteurs d’une démarche dont l’objectif principal est la réhabilitation des partis et des hommes et femmes politiques malgaches afin que ces derniers retrouvent la place éminente qui doit être la leur dans la vie de la nation. Cette démarche a abouti à la signature par 25 partis politiques du Dina politika [Dina politika], Pacte républicain, en avril 2006 et de la Charte des partis politiques [Sata antoko], le mois d’août suivant. La prochaine étape sera l’ouverture d’une « Maison des partis politiques », espace de rencontre et de débat, d’où devront sortir des regroupements de partis qui réduiront d’autant le nombre de 180 partis qui existent officiellement à Madagascar aujourd’hui. Telle est pour nous la meilleure voie possible pour que le pays retrouve ses valeurs, dans la sérénité et avec persévérance. Je pense sincèrement que la véritable force de l’opposition malgache sortira de là et de nulle part ailleurs. J’invite mes compatriotes de France à la réflexion et surtout à l’action ; le pays en a besoin, le pays a besoin de toutes ses filles et de tous ses fils. Qu’ils partagent nos idées politiques ou pas, ce n’est pas là l’essentiel ; le principal est que pour eux comme pour nous, « Masina ny Tanindrazana ». Leurs actes doivent s’y conformer, à tout moment. Car contrairement à une certaine pratique politique, « Masina ny Tanindrazana » ne peut pas être un simple slogan. Maurice BERANTO Bookmark
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