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Alors que viennent de commencer les travaux ayant pour but de sortir Madagascar de l'une des crises politiques majeurs de son histoire, certes avec quelques imperfections, l'AVI, formation politique dirigée par Norbert Lala Ratsirahonana, veut une fois de plus faire parler d'elle en adoptant d'entrée une position que l'on peut qualifier d'intolérante et d'extrémiste, voire même, emprunte de visées ethnicistes.
Ce parti politique dont personne ne sait s'il dispose seulement d'une envergure nationale lui procurant une quelconque légitimité, affirme qu'il n'est pas question d'aborder le thème de l'amnistie durant le processus de résolution de crise et qu'il faudrait attendre que les institutions de la future IVe république soient mises en place, pour éventuellement en discuter.
L'objectif des leaders de ce parti est simple : Faire place nette en vue des élections présidentielles à venir, dans le but avoué d'éliminer artificiellement certains candidats potentiels.
Leur stratégie consiste, depuis le renversement de Marc Ravalomanana au début de l'année 2009, de se servir de l'image de celui-ci pour en faire un épouvantail effrayant, destiné à tenir l'opinion publique en haleine et à tenter d'entretenir un climat d'inquiétude quant à son éventuel retour, en insufflant l'idée qu'il ne le ferait pas sans une bonne dose de vengeance et de brutalité, pour de nouveau assoir son autorité.
Ce stratagème a plus ou moins fonctionné car il a, entre autres, permis aux autorités actuelles, dont l'AVI fait partie intégrante, de tenir et de perdurer durant près d'un année et demi maintenant, en soufflant le chaud et le froid quant à une éventuelle amnistie.
Cependant, alors qu'une frange de l'opinion publique a mordu à l'hameçon, les mêmes autorités de la transition en ont profité pour se livrer à une toute autre activité, celle de perpétuer les pratiques initiées sous Ravalomanana, c'est-à-dire en continuant à mettre en coupe réglée les ressources naturelles du pays au profit de quelques privilégiés.
Rien d'étonnant à cela, car s'il fallait retracer le parcours de Norbert Lala Ratsirahonana, il devient alors évident que l'on est présence de l'une des pires figures politiques que Madagascar a connu.
En effet, si le pays en est arrivé un tel degré de régression, c'est surtout à cause de la vision qu'ont les politiciens, du type de Norbert Lala Ratsirahonana, de la politique.
Bien que l'opportunisme soit un atout en politique, fonder toute sa carrière sur ce type de mentalité n'a jamais fait un grand homme d'Etat. Norbert Lala Ratsirahonana est de cette veine et, visiblement, les membres de son parti n'ont jamais cherché à relever le niveau, avec des dauphins potentiels, tel que Hajo Andrianainarivelo, dont l'esprit est tout aussi étriqué que celui de son mentor.
Pour rappel, Norbert Lala Ratsirahonana s'est toujours illustré à travers des intrigues et des manœuvres plus ou moins violentes, ayant à chaque fois conduit à des bouleversements politiques dont les conséquences ont toujours été négatives pour Madagascar.
Parmi ses faits marquants, on peut noter le complot ourdi contre l'ancien Président Albert Zafy alors que celui-ci, sous la pression, avait fini par le nommer Premier Ministre, et sa tentative de remporter les élections présidentielles après que le piège de l'empêchement s'était renfermé sur le même Albert Zafy.
Quelques années plus tard, Ratsirahonana s'est de nouveau retrouvé sous les feux de la rampe en jouant les apprentis sorciers pour le compte d'un certain Marc Ravalomanana, décidé à prendre le pouvoir après son "premier tour de vita", quitte à mettre à feu et à sang tout un pays, six mois durant.
Récompensé pour ses bons et loyaux services, surtout en matière de manipulation des textes juridiques et d'interprétation des lois fondamentales, Marc Ravalomanana lui a offert le poste d'Ambassadeur itinérant, dont on se demande encore aujourd'hui quelles étaient ses véritables attributions, si ce n'est de profiter du nouveau système et de manœuvrer pour que le pouvoir ne revienne plus jamais à un autre que celui dont le pedigree épouse parfaitement l'idéologie, parfois raciste et xénophobe, nouvellement mise en place.
Alors que Ravalomanana était persuadé de diriger le pays plusieurs décennies encore, son goût prononcé pour l'autoritarisme et pour l'enrichissement personnel à grande échelle, ont fini par avoir raison de son pouvoir et du fanatisme illuminé de ses partisans.
Plus opportuniste que jamais, Norbert Lala Ratsirahonana sentant le vent tourner contre son poulain, s'est précipité de le lâcher pour se mettre au service de celui qui pour le coup, grâce à un consensus large, a été projeté à la tête de ce qui, depuis, a été qualifié de coup d'Etat.
Les valeurs défendues par Norbert Lala Ratsirahonana ne lui permettront donc jamais de n'être autre chose qu'un petit intrigant de palais, un homme politique sans envergure qui ne brille qu'à travers les situations scabreuses. Les faits prouvent que durant ces dernières décennies, il a toujours plus ou moins été mêlé à toutes les crises qu'a connu Madagascar.
Plus enclin à détruire qu'à construire, il est également passé maitre en matière de manipulation des textes et des lois qui régissent la République. Ce sont ses actions qui ont jeté le discrédit sur bon nombre d'institutions, notamment en ce qui concerne la HCC (Haute Cour Constitutionnelle) dont il fut longtemps le Président.
Quel crédit faut-il alors accorder à ce type de personnage ? Assurément aucun ! Tous ceux qui ont eu la mauvaise idée de prendre pour argent comptant les conseils de Norbert Lala Ratsirahonana, ont fini par le payer très cher. Les déboires des autorités actuelles sont tout ou partie le fruit des machinations de ce personnage finalement encombrant et dangereux.
Sa vision égoïste, partisane et xénophobe de la politique est un véritable danger pour la Démocratie. Il n'a rien d'un sage ni d'un rayamandreny, et alors que les Malgaches ont besoin de s'unir pour construire ensemble la prochaine étape de l'histoire de la Nation, Norbert Lala Ratsirahonana et ses partisans, tout aussi fanatisés que ceux de Marc Ravalomanana, n'auront de cesse de diviser et de torpiller toutes formes de consensus.
La vigilance est donc de mise et il faudra n'avoir de cesse de dénoncer les pratiques des personnages de ce type qui n'ont d'autres motivations que de se complaire dans la réalisation de leurs petits intérêts, cela en parfaite opposition avec les enjeux autrement plus important et valorisant que sont la promotion et la réalisation de l'unité nationale, avec ce que tout cela implique comme esprit de pardon et de tolérance. La Rédaction
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