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Alors que tous les yeux et tous les esprits sont tournés et sont obnubilés par la foire d’empoigne qui caractérise les différentes négociations visant à mettre un terme à la crise consécutive à l’incapacité des autorités de fait, actuellement à la tête de Madagascar, de normaliser une situation politique frappée d’extra-constitutionalité ; celui qui dit être l’ « homme fort de la transition », affute en toute discrétion sa stratégie, dans le dessein de contourner les élections et le choix des urnes, pour s’installer définitivement dans le fauteuil bien trop grand pour lui de « Président non-élu de Madagascar ».
En effet, même s’il aime dire et répéter à qui veut l’entendre qu’il n’a pas l’intention de briguer la présidence de la république lors des prochaines élections, celui qui signe ses forfaits en s’asseyant sur la valeur de la parole donnée, n’en n’a pas moins le désir et l’intention de profiter de la situation pour, d’une part, continuer de laisser libre cours à ses plus bas instincts et, d’autre part, de satisfaire l’idéologie et les desseins de ses mentors qui manœuvrent en coulisse pour que le pouvoir ne revienne plus jamais aux « adversaires » de toujours.
L’objectif principal de la HAT dans sa course effrénée pour obtenir le maximum d’adhésion en faveur de son plan de sortie de crise - doux euphémisme et vaste fumisterie en réalité - est de justifier et de légitimer la prochaine étape qui, si elle se déroule sans accroc, sera d’introniser Andry Rajoelina, tel un souverain dans la lignée de Andrianampoinimerina et autres Radama, en tant que président de la République non-élu, mais désigné par un Parlement qui deviendrait l’équivalent de la Cour du roi, avec des courtisans en lieu et place des parlementaires.
Ce scénario qui de prime abord semble complètement saugrenu, n’en constitue pas moins le principal mobile de toutes les tractations actuellement en cours entre les différentes entités favorables au système politique - symbolisé par l’absence total de contre-pouvoir - cela dans la continuité du régime autocratique précédent, dirigé par Marc Ravalomanana.
La dangerosité des gouvernants actuels, drivés par leurs éminences grises, réside dans le fait qu’ils ont l’art et la manière de masquer leurs funestes desseins sous le couvert d’un prétendu engagement pour le respect et la mise en œuvre des valeurs démocratiques et républicaines.
Leurs discours et leurs prises de position sont tellement bien rôdés, qu’ils en arrivent à abuser des interlocuteurs pourtant chevronnés en matière de diplomatie mais aussi de manœuvre politique. Certains, notamment parmi les représentants de la communauté internationale, pas suffisamment au fait de la duplicité innée de la « caste » actuellement au pouvoir, arrivent à se demander s’ils ne sont pas finalement coupables de l’enlisement de la crise.
A force de se voir reprocher leur rôle d’observateur, de facilitateur et de médiateur, ils finissent par s’auto-persuader que ce que veut la HAT, c’est ce que veut la majorité. Il ne faudrait pourtant pas se méprendre, car si la Constitution stipule que Madagascar est une et indivisible et que les citoyens sont libres et égaux en droit ; dans la réalité, la société malgache est encore fortement ancrée dans un féodalisme rétrograde, entretenue par une bourgeoisie décadente et qui mure tout un pan de la population dans un silence et une servilité forcés.
Le seul rapport de force qui vaille pour le moment dans ce pays c’est la loi du plus fort, dans sa forme la plus brutale. De plus avec le niveau de misère atteint au bout de dix-huit (18) mois de transition, il n’est pas difficile d’appâter quiconque n’a pas d’autres choix que d’intégrer un mouvement ou une entité avec laquelle il est assuré de subvenir à ses besoins les plus vitaux, en essayant de s’accaparer la moindre once de pouvoir, clé de voute de tous les trafics et des passe-droits.
Il ne faut donc pas voir - dans les grandes manœuvres visant à rassembler la centaine de partis, d’associations politiques et autres entités diffuses et sans consistance avec la garde rapprochée du pouvoir en place - un acte politique motivé par la volonté de sortir véritablement le pays d’une crise qui, par ailleurs, sert de terreau à toute une flopée d’arrivistes et d’opportunistes qui n’ont pour l’instant aucune intention de sacrifier la « poule aux œufs d’or ».
A ceux qui ne veulent pas être les complices de ce que l’on peut qualifier d’ « assassinat » ou d’ « exécution » de toute une nation sur l’ « hôtel de la cupidité », l’on adresse des menaces à peine voilée.
C’est ce que par exemple s’est mis en tête d’entreprendre celui qu’on peut raisonnablement qualifier de véritable « pourriture », à effacer de toute urgence de la surface de Madagascar, Norbert Lala Ratsirahonana, encore lui, vis-à-vis du « MDM » (Mouvement pour la Démocratie à Madagascar) et de son président national, Pierrot Rajaonarivelo.
Le chantage consiste à forcer le « MDM » à apposer sa signature et à adhérer au processus initié par la « HAT » et ses acolytes, en contrepartie de quoi, Norbert Lala Ratsirahonana qui est à l’origine de la missive, pourrait, selon la réponse, accorder ou non l’amnistie à Pierrot Rajaonarivelo.
Outre le fait qu’on ne peut décemment pas donner une seule once de valeur aux paroles de Norbert Lala Ratsirahonana, celui-ci confirme toute l’étendue de sa mégalomanie et fait montre de son sentiment de toute puissance, de personnage au-dessus des lois et des institutions.
En effet, pour qui se prend-t-il ce « nabot » petit par sa taille et grand par sa perfidie ? Qu’il s’en tienne donc à son rôle de « conseiller spécial » du président de la transition. Ses conseils qui ont pour effet de porter la poisse à qui veut les entendre et les appliquer, qu’il se les garde donc pour lui et les pantins qui veulent bien, à leurs risques et périls, par lui se faire manipuler !
Tout le monde connait ses accointances avec ceux qui rendent la justice et appliquent les lois. Cependant, Norbert Lala Ratsirahonana croit-il vraiment que sa mainmise et les pressions qu’il exerce sur les différents personnels chargés de faire fonctionner les institutions durera éternellement ?
Antananarivo n’est pas Madagascar et Norbert Lala Ratsirahonana ferait bien de se mettre en tête que même parmi son clan et sa caste, ses turpitudes commencent à agacer au plus haut point du fait de l’image déplorable qu’il donne, dévoilant peu à peu toutes les bassesses de cet univers spécifique à Antananarivo, composé essentiellement de pseudo-élites et autres nostalgiques des temps anciens.
Que le président de la transition veuille croire qu’il s’installera définitivement à la tête de Madagascar sous les bons auspices de son conseiller spécial, c’est son problème, mais qu’il n’en oublie pas moins que Marc Ravalomanana se croyait également intouchable et indéboulonnable et pourtant, il arriva quand même ce qui devait arriver.
Bien sur, le président de la transition prétend toujours être le seul instigateur et le seul acteur de la chute de Marc Ravalomanana, toutefois en son âme et conscience croit-il sérieusement que sans l’aide et la perspicacité de toute une chaine de solidarité derrière lui, il aurait tenu ne serait-ce que plus de quarante-huit (48) heures sur la Place de la Démocratie ? Aurait-il également oublié les messages de ses partisans, devenus par la suite ministre et autres, qui imploraient que l’on vienne immédiatement à l’aide du petit « jeunot » alors pourchassé par les sbires de Marc Ravalomanana à travers toute la capitale ? Où était à ce moment-là cette « sangsue » et cet « opportuniste » de Norbert Lala Ratsirahonana ; Par ailleurs, l'ancien Maire d’Antananarivo aujourd’hui président de la transition, ne s’est-il jamais posé la question de savoir si l’ordre de l’éliminer aurait pu venir de ce même Norbert Lala Ratsirahonana ? Le président de la transition se souvient-il également que par peur de se retrouver dans la mire d’un tireur d’élite, il refusait obstinément de revenir sur la Place du 13 mai, et que sans la persuasion et les messages d’apaisement de son interlocuteur, dont on taira le nom pour le moment, il aurait pu, par sa « couardise », faire basculer la situation en faveur de Marc Ravalomanana ?
Bref, il est temps d’arrêter cette vaste mystification, que les « Chinois » et autres investisseurs - futurs « dindons de la farce » de la mégalomanie des dirigeants actuels - arrêtent leur livraison de « t-shirt » à l’effigie du président de la transition, car celui-ci n’a pas l’intention de passer par les urnes pour se faire élire. Ce sont là des dépenses inutiles pour quelqu’un qui veut faire croire que tout est joué d’avance.
Le président de la transition pense certainement maitriser tous les paramètres de sa future intronisation, mais il oublie un point essentiel, c’est l’expérience acquise durant les sept (7) années de dictature de Marc Ravalomanana par l’opinion publique et ceux qui ont contribué, par leurs engagements et leurs actions, à en finir avec ce véritable désastre. Vouloir suivre les traces de cet autocrate et surtout continuer à appliquer sans discernement les conseils de ceux qui roulent pour l’exclusion comme programme politique, c’est se condamner d’avance et que par conséquent, cette fois-ci, il ne sera peut-être pas question d’exil pour fuir ses responsabilités. La Rédaction
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