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Tour de passe-passe financier sur fond de crise mondiale Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
(36 votes)
Écrit par La Rédaction   
05-10-2008
Morondava : Allée des baobabs une fois souillée par la pollution
- I could do anything for you -
Ce slogan plein de compassion et d'espoir
ne vous évoque-t-il pas quelque chose ?
À l’heure où de plus en plus de dirigeants des pays dits « développés » se ravisent et prennent conscience qu’il faut mettre un terme au laissez-faire qui prévalait jusqu’ici dans l’univers inaccessible des apôtres « du marché qui a toujours raison » ; il existe des acteurs de cette économie débridée, sans foi ni loi, qui continuent de prospérer et d’imposer leur vision du monde à travers des discours et des campagnes de publicité aseptisées ; destinées à dresser un épais écran de fumée sur les conditions dans lesquelles ils construisent leur fortune et tentent de pérenniser leurs activités, que l’on sait pourtant fatal non seulement pour l’environnement, mais plus encore, pour les populations des pays dans lesquels ils ont décidé de mettre le grappin.

Pour justifier leur existence et leurs activités, ils en appellent à deux types de discours : L’un destiné aux usagers de leur pays d’origine, et l’autre destiné à l’opinion publique des pays dans lesquels ils décident d’installer leur mécanique de mort.

À leurs usagers et clients finaux, ils disent : « La technologie est ainsi faite, qu’en attendant de disposer d’une autre source d’énergie fiable et durable, vous n’avez d’autres choix que de continuer à vous fournir, même à prix d’or, chez nous pour pouvoir utiliser vos véhicules ou chauffer vos maisons ».

Aux populations des pays dans lesquelles ils s’installent, ils promettent « monts et merveilles » comme des créations d’emplois, l’augmentation du pouvoir d’achat ou encore le développement économique et social, et par-dessus le marché, de contribuer à protéger l’environnement.

En réalité, les seuls à réellement profiter de la manne financière, qui à l’échelle des pays concernés ne représente quasiment rien, sont les dirigeants, ceux qui accordent les autorisations, qui octroient les terres à ces multinationales, cela le plus souvent dans la plus grande opacité, sans consultation ni débat national.

Pire, ces multinationales - souvent peu regardantes quand il s’agit de démocratie et de droits de l’homme - de par leur politique et autres stratégies commerciales, contribuent à consolider et à pérenniser de véritables dictatures, existantes ou naissantes. Les intérêts des pays et surtout ceux des populations qu’ils investissent, passent alors au second plan, car la chose qui les intéresse par-dessus tout, ce sont les énormes profits qu’ils comptent réaliser, et pour cela, aucun frein ou obstacle ne doit venir entraver leurs activités.

Ces multinationales savent pertinemment que le meilleur moyen de parvenir à ce statu quo, à ce calme apparent, c’est d’alimenter en moyens divers et variés les régimes les plus durs, ceux pour qui la liberté d’expression et d’opposition sont des crimes qu’il faut punir le plus durement possible.

Des exemples de ce type d’entente, il en existe partout dans le monde, que ce soit en Afrique ou en Asie, avec toujours le même scénario, les mêmes complaintes des populations et la même arrogance du côté des plus forts, qui par divers moyens, comme la publicité et la réclame, essayent de faire croire qu’ils sont la panacée et que sans eux, point d’avenir pour la planète et pour les hommes.

C’est aujourd’hui le cas à Madagascar, avec une flopée de multinationales trop heureuses d’être tombées sur un régime dont la misère intellectuelle et la fainéantise ne lui ont pas permis de trouver d’autres voies que celles de se faire dépouiller de ses matières premières stratégiques pour assurer les moyens financiers indispensables à sa piteuse existence.

Non seulement la stratégie des dirigeants est cousue de fil blanc, mais en plus ils espèrent nous faire croire que derrière leurs décisions, ils auraient la ferme intention de parvenir au développement. Il faut cependant vraiment être naïf pour ne pas comprendre qu’aucun des contrats liant les multinationales et Madagascar n’est favorable à ce dernier. Cela est tellement vrai que même une fois les chiffres et les projections publiés, il existe encore des idiots pour croire qu’ils ont fait une bonne affaire.

C’est cette mentalité d’arriéré qui continue d’être fatal à l’avenir de Madagascar et de sa population la plus pauvre, celle là même qui est privée d’information et d’analyse ; si bien qu’elle se laisse le plus souvent impressionner par les discours et les campagnes de publicités concoctées par des stratèges qui n’ont aucune idée des réalités du terrain, si ce n’est qu’ils ont à faire à un pays et à une population en détresse, donc incapable de mesurer les conséquences des décisions prises par leurs dirigeants, qui eux-mêmes ont fondé toute leur gouvernance sur le mensonge et la manipulation.

Il existe pourtant plusieurs alternatives, et nous en avons présenté quelques pistes à travers notre projet de société, qui démontre par ailleurs que la pratique d’une politique basée sur des principes démocratiques est indissociable de toute idée de développement.
Le régime actuel est loin du compte avec pour dernier avatar celui d’accuser de « terroristes » tous ceux qui ne veulent pas leur accorder un chèque en blanc. C’est dire le degré de folie atteint en quelques années de gouvernance, passées à brasser du vent et à « faire boutique de son cul ».

Il ne faut cependant pas désespérer, car rien n’est immuable en ce bas monde. Le système « ultra capitaliste » longtemps considéré comme ce qui se faisait de mieux, a fini par imploser. L’arrogance à laisser la place à la honte ; les valeurs autrefois magnifiées se sont avérées aussi creuses et aussi vides que les caisses des plus grandes banques d’affaires aujourd’hui en perdition, réclamant fiévreusement de l’aide à ceux, à qui, hier encore, ils donnaient des leçons de morale et de conduite.

Pour finir, une petite animation qui pose la question de savoir pourquoi les « fils de pub », chers à Jacques Séguéla, n’ont pas intérêt à dévoiler l’envers du décor.

La Rédaction
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Commentaires (9)add
Un bouffon XXXL
Ecrit par Kittie , 24 octobre, 2008
De toute façon, peut-on s'attendre à autre chose d'un bouffon, surtout de ce calibre ?


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Bouffon est égal à lui même.
Ecrit par Fanja , 23 octobre, 2008
Il va organiser avec fierté le sommet de l'UA, il ferait mieux de partager la soupe au peuple qui a faim.


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Partout y compris sur le site TIM
Ecrit par Mialy , 14 octobre, 2008
Les textes de Madagasikara Soa sont diffusés!
Bravo!


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Ils continuent à se partager le monde...
Ecrit par Fanja , 13 octobre, 2008
...oui, mais nous qu'est-ce qu'on fait?
Nous assistons et laissons faire??
Ils sont très forts en face car nous sommes trop faibles.
Sur quelle base réagir et empêcher tout cela?


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les mafias
Ecrit par Velo , 13 octobre, 2008
"ils ont partagé le monde, sans nous demander, sans nous consulter" disait le chanteur ivoirien Tiken jah fakoly. Voilà que les mafieux internationaux et les potentats locaux à Madagascar se partagent le pays.


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Rahoviana?
Ecrit par Fanja , 11 octobre, 2008
Rahoviana i Deba sy Ramose no hiaraka andositra?


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Lettre d'un lecteur de tribune!
Ecrit par Fanja , 08 octobre, 2008
Lettre des lecteurs

Des yeux pour voir
mercredi 8 octobre 2008


Je regarde avec mes yeux, mais pas avec autre chose comme l’insinue certain. Je regarde et je vois mes aînés obligés de faire la queue nuitamment pour toucher une maigre pension de retraite tandis que certains se pavanent et dépensent sans compter l’argent du contribuable en d’inutiles voyages et autres périples pour des prétendues recherches de partenariat mais qui ne sont en fait que des quêtes afin de renflouer les caisses de l’Etat. Je regarde partout et je ne vois qu’un peuple misérable sur lequel règne une minorité de richards à l’appétit insatiable. Et l’on ose parler de développement en marche à chaque inauguration de ces édifices et autres « zava-bita » alors que la plupart de ces réalisations ne sont qu’apparences et poudres aux yeux pour les bailleurs, sans impact aucun (ou si peu) dans la résorption de la pauvreté de la masse. Des zélateurs se font même l’écho de certaines abbérations qui osent comparer la Grande (seulement par la superficie) île au pays les plus avancés à cause de l’existence ou de la future construction de tel ou tel édifice « aux normes », comme ils se plaisent à le dire. Ces zélateurs et ces adulateurs forcenés savent-ils seulement combien de victimes malgaches ont occasionné la réalisation de ces futilités qui, paraît-il, mettent Madagascar et les pays riches sur un même pied d’égalité ?

Utilité publique, dites-vous ?

Ainsi, à titre d’exemple, les remblaiements pour cause « d’utilité publique » entraînant des expropriations. Les victimes directes sont les expropriés qui seront réduits aux pires extrémités pour survivre, leur unique source de revenu, leur rizière ayant été « réquisitionnée ». Cette situation, par effet de ricochet, fera d’autres victimes, notamment la population des quartiers inondables.

Certes, les autorités peuvent se prévaloir d’une quelconque étude préalable pour minimiser les impacts de ces remblaiements. Toutefois, le doute sur la véracité de telles études est permis quand on sait que certains ordres émanant des plus hautes sphères s’apparentent à de véritables oukases et les organismes chargés des soi-disant études ne sont là que pour faire semblant et pour les valider. Ainsi, quoi que ces organismes disent, les risques d’inondations des bas quartiers seront accentués par ces remblaiements et cela se vérifiera d’ici quelques mois, soyons-en sûr.

Un autre exemple, l’accueil du prochain sommet de l’Unité Africaine qui, selon nos gouvernants, sera une grande fierté pour la Nation et pour le peuple malgache. La question peut se poser sur l’opportunité de déployer de tels fastes quand on sait que la majorité de la population se débat dans la pauvreté au quotidien. Certes, les dépenses inhérentes à la réalisation de ce sommet seront, paraît-il encore, prises en charges par des partenaires et des pays « amis ». Toutefois, jusqu’à quel point sont-ils partenaires et « amis » quand on sait qu’une banque, quelle que soit sa dénomination, fut-elle mondiale ou autre, reste toujours une banque, et qu’aucune aide n’est désintéressée, qu’elle émane d’une République soi-disant populaire ou autre. Dans cette situation également, les victimes sont innombrables, des familles expropriées des lieux de constructions aux éventuelles expropriées sur les futures exploitations qui ne manqueront pas de s’ériger ici et là, en contrepartie de ces « aides ».

De tout cela, je regarde et je vois que le développement rapide et durable, leitmotiv de certains, se base surtout sur les apparences et s’érige sur un mode de gouvernement ploutocratique, alors que la majorité de la population espérait un véritable développement ayant des répercussions sur la qualité de sa vie et se basant sur ses valeurs ancestrales, c’est-à-dire, la primauté de l’humain sur le matériel.

Je regarde et je vois avec mes yeux, non pas derrière les vitres fumées de ces voitures rutilantes aux coûts exorbitants, ni du haut d’un quelconque trône, et encore moins derrière le paravent d’un protocole bien huilé, mais directement, sans filtre aucun, quand je vais à pied, le plus souvent, ou en taxi-be rejoindre mon lieu de travail.

Triste réalité

Je regarde et je vois avec mes yeux cette triste réalité, comme le voient tous les Malgaches qui chaque jour s’appauvrissent davantage et qui ont depuis longtemps perdu leurs illusions, alors que certains y trouvent à se réjouir et à être optimiste.

Je regarde, je vois avec mes yeux et je suis sûr de ne pas me tromper que le mieux-être de la population est le cadet de leur souci, loin s’en faut. Et la récente déclaration sur un futur remblaiement, « si besoin est » comme l’a annoncé le Président de la République est là pour conforter ma conviction.

Un citoyen d’Itaosy, désabusé




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45 ans
Ecrit par jarifa de mahajanga , 07 octobre, 2008
La Banque Mondiale célèbre 45 ans de "partenariat" avec Madagascar. Vu le bilan, elle devrait se remettre sérieusement en cause, surtout en avoir honte. Mais la BM ne croira jamais à son échec tant qu'on a un dirigeant qui accepte volontairement d'être esclave de l'argent et qui se plie facilement à ses directives.


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...
Ecrit par Beema , 07 octobre, 2008
C'est une prise de position courageuse en ces temps d'hypocrisie généralisée ...


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