 Crise des subprime une crise dont les conséquences ne connaissent pas les frontières Les pays développés que l’on croyait, à priori, à l’abri des catastrophes économiques - conséquences entre autres d’un « système financier » omnipotent, libre de toute contrainte morale et affranchit des règles élémentaires du respect d’autrui, redoutable et redouté, et présenté, jusqu’à peu encore, comme un modèle de « référence » ; qualifié d’incontournable pour qui ambitionnerait d’atteindre l’extase du « développement », concept cher aux « Ayatollahs » du libéralisme débridé - connaissent aujourd’hui la tourmente.
Rien ne va plus au coeur du « système » qui avait pour principe de ne recevoir d’ordre ni de conseil de qui que ce soit, surtout pas des autorités publiques. Allergique à toute forme de régulation, les voilà pourtant contraint de faire appel à l’aide de l’État, alors que le navire prend l’eau de toute part. Car évidemment, aucun des grands manitous de cette finance toute puissante, que l’on peut qualifier de « criminelle » dans sa forme la plus débridée, n’avait prévu de « plan de secours » pour renflouer les énormes pertes sèches provoquées par des opérations et des produits financiers dits « toxiques » et dont les plus grandes institutions financières se sont gavées des années durant au dépend de leurs clients les plus pauvres, sans que cela ne soulève de critiques ou ne suscite d’inquiétude.
Il aura donc fallu qu’éclatent au grand jour les multiples scandales financiers et que la contagion atteigne toutes les places financières mondiales pour qu’enfin l’on fasse mine de se rendre compte de l’ampleur de la catastrophe.
N’allez cependant pas croire que les uns et les autres n’étaient pas au courant des risques encourus durant toutes ces années, car si aujourd'hui l’on a l’impression que les États, et donc les dirigeants politiques élus par le peuple, incarnent des « pompiers » au grand cœur aux yeux de l’opinion publique ; il est certain que tous autant qu’ils sont, ils étaient parfaitement au courant de la perversité du système. Mais évidemment, tant que cela pouvait rapporter gros et que l’économie réelle n’avait pas trop à en pâtir, personne n’avait intérêt à changer de formule ni à tirer la sonnette d’alarme.
La mondialisation aidant et puisque le système financier et la philosophie qui va avec s’affranchissent allègrement des frontières, ce qui se passe actuellement dans le Nord, aura forcément des conséquences sur les pays du Sud, surtout sur ceux dont la survie économique est généralement basée sur la relation de « dominant à dominé » à travers le plus pernicieux des modèles, c’est-à-dire celui imposé par les « mastodontes » que sont la Banque mondiale et le FMI et leurs batteries de conditionnalités appliquées aux pays pauvres.
En effet, voilà un autre système qui perdure depuis des décennies et qui a fait un nombre incalculable de victimes et pour lequel étonnamment, personne ou presque, ne s’est vraiment indigné jusqu’ici. Au contraire, ceux qui ont créé et mis en place ce que l’on peut - à bien des égards - appeler une « arnaque » de plus au catalogue déjà bien fourni des margoulins de la finance internationale, continuent d’en faire la promotion, et pour cause, puisque cela constitue l’un des meilleurs placements jamais inventés.
Le concept utilisé est simple et ne diffère que légèrement du principe des « subprime » (crédits à risque), puisque les cibles ou clients potentiels sont, toute proportion gardée, du même acabit, c’est-à-dire plongés dans une indigence telle que leur seul espoir de concrétiser un avenir meilleur, réside dans l’acceptation totale des conditions qui leur sont imposées lors de la signature du prêt qui leur est accordé dans le but de financer leur projet.
Toutefois, la crise des « subprime » nous a démontré la limite du système, en tout cas lorsque les produits financiers proposés par les banques se limitent à satisfaire les besoins des citoyens lambdas. Car il aura juste fallu que l’économie connaisse un ralentissement pour que la mécanique s’emballe. D’un côté les banques ont augmenté leur taux d’intérêt pour couvrir les pertes dues à la baisse de l’activité économique, et de l’autre les clients pauvres à qui ces « prêts à risque » avaient été accordés se sont vite retrouvés étranglés, n’ayant plus les moyens de rembourser leur dette. La suite, tout le monde la connaît, puisque invariablement les organismes prêteurs se sont saisis des biens immobiliers de leurs clients défaillants, jetant à la rue des milliers de famille.
Paradoxalement, ce traitement inhumain n’a pas bénéficié aux organismes prêteurs, puisque à cause de la crise latente de l’économie, ces biens immobiliers n’ont pas, pour leur grande majorité, trouvé preneur. Par conséquent, ces organismes se sont donc retrouvés littéralement avec les caisses vides, après s’être faits des bénéfices substantiels sur le dos de leurs clients.
La finance mondiale étant interconnectée, et puisque ce type de produit financier pouvait rapporter un maximum d’intérêts, beaucoup de banques et autres organismes financiers indélicats avaient en leur possession une énorme quantité de ces titres que l’on par la suite qualifié de « titres toxiques » puisque ne valant plus rien alors qu’ils avaient auparavant fait le bonheur des traders et autres boursicoteurs sans foi ni loi. C’est ainsi qu’après avoir débuté aux Etats-Unis, la crise s’est propagée à travers toute la planète.
Mais alors quel rapport avec la Banque mondiale et le FMI. Et bien, comme nous vous le disions précédemment, les prêts accordés par ces organismes financiers sont prioritairement destinés aux pays pauvres. Si les banques ont créé les « subprime » avec les conditionnalités que l’on sait pour satisfaire les besoins - à titre individuel - de leurs clients les plus pauvres, imaginez l’ampleur de ces conditionnalités lorsqu’il s’agit de prêter à l’échelle d’un pays tout entier et pauvre de surcroît.
Là encore, l’opération est simple, plus simple même que lorsqu’il s’agit de prêter à un seul individu. Tout d’abord et point le plus important, ni la Banque mondiale, ni le FMI ne prennent aucun risque lorsqu’ils accordent des prêts aux pays pauvres. Le cas de Madagascar est pour la circonstance un cas d’école.
En effet, toutes les conditions sont réunies pour que ces organismes financiers prédateurs engrangent un maximum de bénéfices au détriment d’une population toujours plus miséreuse, dirigée par un despote plus affairé à constituer un monopole total de ses entreprises sur l’économie nationale, qu’à chercher à sortir le pays du sous-développement.
Premièrement, la Banque mondiale et le FMI ont trouvé en Marc Ravalomanana le candidat idéal. Certes, même s’il n’a pas eu tous les bagages nécessaires à l’accomplissement d’une tâche comme celle de diriger un pays, il a néanmoins réussi dans les affaires en appliquant à la lettre les préceptes chers aux plus dangereux des prédateurs économiques. Ce parcours atypique correspond tout à fait au profil recherché par les responsables de la Banque mondiale et du FMI, car entre margoulins formés à la même école et aux mêmes préceptes, il est plus facile de faire affaire.
Première conséquence directe, vous n’entendrez ou ne lirez jamais nul part les responsables de ces organismes financiers s’en prendre à leur poulain. La « bonne gouvernance » n’étant qu’une conditionnalité servant de paravent à des activités principalement centrées sur la récolte des énormes bénéfices engendrés par les intérêts de la dette du pays. Par conséquent, quoique fasse Marc Ravalomanana sur ce point, qu’il jette en prison ses adversaires politiques, qu’ils s’en prennent à l’opposition, la Banque mondiale et le FMI ne lèveront jamais le petit doigt.
Deuxièmement, Marc Ravalomanana se verra toujours accorder des prêts à chaque fois qu’il en fera la demande. Certes, il n’aura pas toujours toute la somme demandée, cependant, la Banque mondiale et le FMI feront en sorte de le tenir à flot et de lui fournir les moyens d’oppresser son peuple et ses adversaires politiques. Les bénéfices sont doubles : Marc Ravalomanana reste au pouvoir en utilisant tous les artifices possibles pour s’y maintenir (fraudes électorales, modification de la Constitution, instrumentalisation de la Justice etc.), et la Banque mondiale et le FMI engraissent toujours un peu plus leurs actionnaires à chaque fois qu’un prêt est accordé au pays. Cette situation risque de perdurer, car tout le monde sait pertinemment que le pouvoir en place n’a ni l’intention, ni les capacités de sortir le pays de la misère, ce qui changerait quelque peu la donne.
Parmi les conditionnalités pour obtenir régulièrement des prêts, alors que l’économie du pays est incapable de les rembourser, il y a justement ces multiples concessions accordées à la ribambelle de multinationales actuellement en activité à Madagascar. La raison est simple : Puisque l’État est incapable de rembourser ses dettes, les organismes prêteurs se remboursent elle-même en mettant la main sur les richesses naturelles du pays, cela à travers leurs bras armés constitués des multinationales qui sont elle-même soit des filiales, soit des entreprises apparentées aux banques privées et publiques qui constituent le cœur même de la Banque mondiale et le FMI.
Avec ce système bien ficelé, il est impossible que les différents organismes financiers qui forment l’ossature de la Banque mondiale et du FMI soient perdant et aillent jusqu’à la faillite comme dans le cas des « subprime » accordés aux ménages pauvres et leurs conséquences quand ceux-ci ne peuvent plus soutenir leur dette ; car d’une manière ou d’une autre, Madagascar remboursera ses dettes du fait même qu’il constitue une entité à part entière, disposant d’énormes ressources naturelles pour le moment quasi intactes.
Il est donc logique que ni la Banque mondiale, ni le FMI n’ont intérêt à ce que les choses changent. Pour cela ils y travaillent en congratulant de temps à autre celui qu’ils contribuent à maintenir en place, qui lui-même se sert de cette image factice de « bon élève » pour enfoncer toujours un peu plus ses adversaires, mais également pour satisfaire l’ego de ses propres partisans, qu’il n’oublie pas au passage de remercier en avantages financiers et autres.
Cette situation est-elle pour autant immuable ? Certainement pas, car il devient maintenant évident que quelque chose doit changer dans ce pays.
S’entendre dire que la crise financière que traversent les pays du Nord est probablement une bénédiction pour un pays comme Madagascar, c’est ni plus ni moins qu’insulter le Peuple malgache déjà victime des errements du pouvoir en place ; car Marc Ravalomanana sait pertinemment qu’il peut faire du pays qu’il dirige, pour le moment, d’une main de fer, l’objet de tous ces fantasmes : L’hypothéquant alors qu’il a besoin de toujours plus de moyens financiers pour ne pas gripper et enrayer les rouages de l’État ; Constituant un monopole indécent sur l’économie du pays à travers ses entreprises privées pour satisfaire sa soif de domination économique ; Livrant les richesses naturelles du pays au plus offrant en s’octroyant au passage quelques subsides ; S’accoquinant avec l’ensemble des dictateurs qui président à l’avenir du continent africain pour se faire accepter dans le club et obtenir des soutiens en cas de troubles intérieurs ; S’engageant dans des partenariats économiques avec ses voisins dans le seul objectif de trouver des débouchés pour les produits de ses propres entreprises en mettant en danger tout le reste des acteurs économiques déjà largement oppressés non seulement du fait de Marc Ravalomanana lui-même, mais également de la conjoncture économique mondiale.
La question est donc maintenant de savoir comment mettre un terme à cette situation ou tout du moins, d’en modifier profondément le mécanisme.
Tout le monde aura donc compris que le processus d’endettement généré par les « subprime » et la crise qui s’en est suivi et qui secoue actuellement les pays du Nord est quasiment de même nature que celui que l’on impose aux pays du Sud à travers « les prêts et les conditionnalités » de la Banque mondiale et du FMI, cela depuis des décennies.
Si les pays du Nord ont réagi en remettant les États au centre du débat, notamment en prônant un retour effectif à la régulation du système financier par les autorités publiques ; il serait logique que ces mêmes États aillent plus loin et demandent également qu’au niveau mondial, les organismes financiers historiques, comme la Banque mondiale et le FMI, revoient leur copie et tirent les conséquences de l’échec total de leur politique d’aide financière destinée aux pays pauvres.
En effet, comment peut-on perpétuer indéfiniment un système qui au bout du compte ne remplit pas son office, et qui au contraire provoque toujours plus de misère, de conflits sociaux, de crises structurelles et bien d’autres catastrophes qu’il serait trop long d’énumérer ici.
Comment peut-on continuer à accepter que dans les conditionnalités, le désengagement de l’État soit l’une des priorités de la Banque mondiale et du FMI, alors qu’aujourd’hui, il s’agit justement de redonner à l’État un rôle essentiel dans la régulation du système financier des pays les plus riches ? Pourquoi devrions-nous accepter cette contradiction flagrante, et comment la Banque mondiale et le FMI pourraient-ils justifier ce positionnement intransigeant vis-à-vis des pays pauvres qu’ils tiennent sous leur contrôle à partir du moment où ceux-ci se sont engagés dans le cycle infernal de l’endettement ?
De même que les dirigeants des banques qui se sont fourvoyés dans des opérations financières extrêmement dangereuses et qui sont à l’origine de la crise actuelle ont été sanctionnés sévèrement, pourquoi la Banque mondiale et le FMI continueraient-ils à encenser des chefs d’États comme Marc Ravalomanana qu’ils savent pertinemment en dessous de tout ? Le non-respect des droits humains, de la liberté d’expression, de la démocratie à travers l’oppression continuelle de l’opposition politique serait-il devenu la norme ? Est-ce cela la finalité de l’ingérence de ces organismes d’aide, ou bien cela les aiderait-il à continuer à faire des profits énormes sur le dos des peuples en souffrance qu’ils contribuent à broyer en aidant à maintenir au pouvoir des autocrates du genre de Marc Ravalomanana ?
Le plus simple serait en fait de ne pas attendre les réponses à ces questions, il s’agit surtout de se prendre en main, de refuser l’ordre établi et d’en finir par tous les moyens avec celui qui est à l’origine du chaos actuel. Il serait illusoire d’attendre de l’aide de l’extérieur, car personne ne viendra vous aider si vous ne commencez pas vous-même le combat.
Marc Ravalomanana peut continuer à élargir son monopole économique ce qui pourrait faire croire à certain qu’il s’enrichit d’avantage, ce qui lui permettrait de se maintenir au pouvoir grâce à des moyens disproportionnés. Mais en réalité, son véritable avantage, c’est le soutien qu’il dispose de la part des organismes financiers comme la Banque mondiale et le FMI ou encore les multinationales. Supprimez-lui cet avantage et il périclitera aussitôt. La Rédaction
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Mety mitady thérapie ange ilay io e. Tokony lasa mijery veterinera lery fa tsy site no tadiavina hamaha ny olana ara-tsaina.