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Le nouvel ordre de préséance protocolaire Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Écrit par Mazava Théodore   
12-06-2007

Le nouvel ordre de préséance protocolaire : Une stupidité de plus pour achever la République !

Le festival de la « bêtise » continue de plus bel dans le royaume « virtuel » édifié par des dirigeants qui semble être également atteints par une forme rare et sévère d’autisme politique. Au menu, rien moins qu’un décret pris en Conseil des Ministres, dans le but de modifier l’ordre de préséance protocolaire, avec pour conséquence directe, le positionnement du Premier ministre en tant que second personnage et institution de l’État, juste derrière le Président de la République et, dorénavant, devant le Parlement.

Comme à leur habitude, les chroniqueurs politiques de la place n’ont pas jugé utile de tirer la sonnette d’alarme et de prévenir les citoyens malgaches des multiples dangers inhérents à ce que l’on peut désormais appeler comme : Le « nouvel accès de folie » du régime déliquescent, dirigé par Marc Ravalomanana.

Cette décision est d’autant plus étonnante pour l’observateur lambda, puisqu’il y a à peine deux mois, le pouvoir avait procédé à la modification de la Constitution. Les conditions - notamment l’organisation précipitée du référendum - entourant ce changement avait d’ailleurs provoqué de vives protestations à tous les niveaux de la société, que ce soit dans les milieux politiques, associatifs, de la société et même religieux. L’on sait également les conséquences de cette levée de bouclier, avec notamment l’expulsion « manu militari » du Père Sylvain Urfer (membre entre autres du SEFAFI) jugé par le pouvoir de Marc Ravalomanana comme un danger, pour lequel il a été finalement réservé un traitement spécifique, qui aujourd’hui encore, continue d’agiter les esprits, tant au niveau national qu’international.

Avec ce décret, on peut considérer que l’esprit de la Constitution, Nouvelle ou non, est bien mort. En effet, il ne s’agit pas d’un simple amendement comme le régime veut le faire croire, car c’est toute l’organisation et les structures institutionnelles de l’État qui se trouvent être bouleversées.

Le but est clair et est en corrélation directe avec l’instabilité politique chronique qui mine Madagascar. Les dirigeants actuels, Marc Ravalomanana en tête, n’ont jamais été capables de s’imposer autrement que par la force ou par la manipulation frauduleuse des élections. Le soutien et la confiance du peuple étant purement virtuels, Marc Ravalomanana n’a finalement d’autre choix, pour se maintenir au pouvoir, que de s’enfoncer toujours un peu plus vers un modèle monarchique au sein duquel, seuls lui et quelques privilégiés, tous aussi « schizophrènes » que le Chef omnipotent, continueraient de diriger le pays.

Cette stratégie bancale et qui ne peut être que temporaire, explique, entre autres, la relégation du Parlement au rôle de simple chambre d’enregistrement. Puisque désormais, le Parlement se trouve sous la coupe du Premier ministre et du Président de la République - les deux plus hauts représentants de l’Exécutif - celui-ci ne peut plus assurer ses fonctions de contrôle. Autrement dit, les députés élus siégeant au sein des deux chambres n’ont virtuellement plus aucune utilité et seront confinés à des discussions stériles. Ils ne pourront plus faire barrage à la folie furieuse du Président de la République et de la clique qui l’entoure. Le fait est d’autant plus grave, que celui qui se trouve être propulsé au second rang de l’État (le Premier ministre) n’est pas élu, puisque désigné par le Président de la République. Évidemment, dans l’état actuel des choses, cela ne pose pas de problème de conscience à ceux qui soutiennent encore le régime, puisque la majorité des députés ont été élus sous la bannière du TIM (parti politique fondé par Marc Ravalomanana).

Cependant, en cas de pourrissement de la situation, donc d’absence de réactions, ils seront, tôt ou tard, étiquetés par le Peuple, donc des électeurs, comme les complices de ce que l’on peut désormais appeler : Une dictature à la sauce monarchique.

Toutes ces décisions en cascade, soulèvent également quelques interrogations sur l’utilisation des deniers publics. Pour rappel, le référendum a été organisé en pleine période cyclonique, avec pour conséquence, le passage successif, en début d’année, de pas moins de trois cyclones très destructifs pour les habitants et le pays. Toutefois, il n’a jamais été question pour le régime d’assurer en priorité la reconstruction des dégâts et l’aide aux victimes. Au contraire, et en dépit du bon sens, les ressources déjà maigres du pays, ont une nouvelle fois été consacrées au renforcement institutionnel du pouvoir de Marc Ravalomanana.

Les résultats du référendum auraient toutefois dû attirer l’attention des dirigeants, puisque non seulement le taux d’abstention avoisinait allègrement les 60 %, et que sans les manipulations frauduleuses constatées au sein même du ministère de l’intérieur, sous le contrôle, et comme par hasard, du Premier ministre actuel, le NON l’aurait emporté largement.

Il est donc plus qu’urgent que ceux qui assurent le financement de l’État Malgache, donc les Bailleurs de fonds, se ressaisissent et posent par la même occasion des conditions au déblocage des fonds. Il est devenu clair que le régime n’a aucune intention d’arriver au développement, et l’affiliation forcée de la Constitution, donc des multiples amendements et même ceux à retardement, aux projets décrits dans le MAP de Marc Ravalomanana, n’est qu’un leurre, une astuce de plus, dont on sait que c’est la marque de fabrique de ceux qui dirigent actuellement Madagascar pour se maintenir le plus longtemps possible au pouvoir.

On peut également affirmer, sans se tromper, que la République est morte à Madagascar et que sans une réaction rapide et énergique des pays amis de Madagascar et du Peuple Malgache, la Nation et toutes ses composantes s’achemineront inexorablement vers le chaos que connaissent d’autres pays pour lesquels l’attentisme des grandes puissances a été trop long.

Pour finir, je ne m’étalerai pas sur les guerres internes du parti présidentiel, et notamment sur celle qui oppose le Président du Sénat à ces frères d’armes. Toujours est-il qu’initialement, la Constitution prévoyait qu’en cas d’empêchement du Chef de l’État, le Président du Sénat devrait prendre sa place. De là à ce qu’il y est un rapport de cause à effet, je laisse à nos lecteurs d’en décider.

Toutefois, au vu des vicissitudes vécues par Madagascar depuis maintenant six ans, il n’y a pas de différence entre les différents chefs d’institution qui ont défilé depuis lors. À nos yeux et aux yeux de beaucoup d’observateurs, ils sont tous coupables de la déchéance de la Nation. Aucun d’entre eux ne devrait donc bénéficier d’un traitement de faveur particulier.

Mazava Théodore

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