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La notion de souveraineté nationale de nouveau sur le tapis Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Écrit par Body C.   
15-07-2007
Le combat, pour la reconnaissance de sa stature de « Président de la République » et pour le renforcement de son « pouvoir personnel », n’en finit pas de tourmenter le petit Marc Ravalomanana. Toutes les occasions semblent bonnes pour affirmer et réaffirmer à qui veut l’entendre, que Madagascar jouit pleinement de sa souveraineté. Par conséquent, nul n’a le droit de s’ingérer dans les affaires internes du pays, combien même il s’agit des bailleurs de fonds, source unique, jusqu’à preuve du contraire, du fluide vital nécessaire à la survie de Madagascar, toujours classé parmi les pays les plus pauvres de la planète.

La mise en scène a été savamment orchestrée tout comme l’endroit et le moment, spécialement choisis, afin que le message puisse faire le maximum d’effets ou de dégâts, c’est selon.

En effet, les remontrances adressées par Marc Ravalomanana au Fond Monétaire International (FMI) ont eu lieu à l’occasion de son entrevue avec les Sénateurs qui, pour rappel, avaient été convoqués - sans que l’on sache les motifs exacts - par le chef de l’État qui au passage, piétine, une fois de plus les règles édictées par la Constitution.

Toujours est-il que Marc Ravalomanana s’est de nouveau distingué en s’en prenant violemment à une institution étrangère qu’il soupçonne, selon ses dires, d’ingérence dans la gestion du pays.

Passé le moment de stupeur, il faut tout de même essayer de décoder les « singeries » de celui qui a basé toute sa communication, sur des déclarations plus ou moins farfelues, mais en tout cas, toujours tonitruantes.

Tout d’abord, qu’est-ce qui pourrait bien pousser, et dans quel intérêt, Marc Ravalomanana à vouloir renier ceux qui directement ou indirectement, contribuent à son maintien au pouvoir ?

La réponse à cette question est claire : Rien ! Marc Ravalomanana n’a aucun intérêt à se brouiller réellement et jusqu’à la rupture totale avec ceux qui financent, en très grande partie, son train de vie et celui de ses amis et accessoirement le développement du pays.

Toutefois, même s’il s’agit d’un « bluff », il reste que le message a certainement été bien reçu par les Bailleurs de Fonds, en l’occurrence le FMI dans ce cas précis. Car il ne faut pas oublier qu’à son retour de Shanghai, Marc Ravalomanana avait déjà lancé un premier pique à l’endroit des représentants de la Communauté internationale et également à l’endroit des Bailleurs de Fonds dits « traditionnels » (Banque Mondiale, UE etc.). Pour rappel, il avait alors dit que d’autres sources de financement étaient disponibles en citant nommément la Chine ; Sous-entendu, si les Bailleurs de Fonds traditionnels continuent à le titiller sur sa gestion des fonds alloués, lui, Marc Ravalomanana pourrait bien se tourner vers d’autres Bailleurs moins regardants, notamment en matière de démocratie, de respect des droits humains ou encore d’orthodoxie financière.

Cette menace à peine voilée n’était pas innocente car Marc Ravalomanana connaît pertinemment les tensions qui règnent entre les Bailleurs de Fonds dits « traditionnels » et la nouvelle grande puissance qu’est la Chine. L’un des points de discorde tourne d’ailleurs autour de l’offensive que mène le géant Chinois sur le terrain de chasse favori des bailleurs traditionnels qu’est l’Afrique.

En clair et pour résumer, Marc Ravalomanana fait tout simplement jouer la concurrence à une nuance près toutefois, c’est qu’il le fait non pas dans l’intérêt général, comme on aurait tendance à le croire, mais dans son unique intérêt personnel. Car l’animal se verrait bien prendre racine à la tête du pouvoir et quoi de mieux que de se servir de la Chine comme d’un partenaire financier privilégié, pour parer à toute déstabilisation. L’exemple du Soudan est patent, puisque la Chine bloque toutes résolutions visant à mettre un terme au génocide au Darfour, préservant ainsi le pouvoir de Khartoum.

Mais alors pourquoi faire une telle déclaration en présence des Sénateurs ? Là encore, la réponse est claire et il faut s’en remettre à la personnalité même de Marc Ravalomanana, qui base tout son pouvoir sur les relations de force.

Faut-il rappeler que depuis quelque temps déjà, les Sénateurs s’agitent et sont même allés jusqu’à adresser une lettre ouverte au Chef de l’État, dans laquelle ils préconisent un peu plus de respect s’agissant de la démocratie par le biais par exemple d’une refonte du code électoral ou plus généralement du respect de la Constitution. Bref rien que de très banale remise en question, adressée à un sourd, qui déteste la concertation et qui ne prend de décisions que seulement si elles sont unilatérales et venant personnellement de lui.

Cependant, on peut estimer que si les Sénateurs ont osé prendre le risque d’une confrontation frontale avec le Chef de l’État, c’est parce que dans le même temps, des représentants de la Communauté internationale ont mis le pied dans le plat.
En effet, l’Ambassadeur de l’Union Européenne, Jean Claude Boidin, a ouvert le bal, suivit par le chargé d’affaire des États-Unis, George N. Sibley qui lui a emboîté le pas, en préconisant, de façon appuyée, la mise en place d’une « commission électorale indépendante » et l’utilisation du « bulletin unique » lors des prochaines échéances électorales (Communales et Législatives).

À partir de là, la convocation des Sénateurs prend tout son sens, et en les réunissant à huit clos, toujours en violation de la Constitution, Marc Ravalomanana a tout simplement voulu rappeler à sa manière, et avec tout le tact qu’on lui connaît, qu’il est le seul maître à bord.

Mais comme les Sénateurs et plus généralement les élus, qu’ils soient de l’opposition ou non, ne sont que de simples « broutilles » que l’on peut jeter en prison à tout moment, Marc Ravalomanana a voulu, certainement et initialement, taper plus haut, en direction de ceux qui peuvent réellement contribuer à le faire vaciller, voire tomber, c’est-à-dire les Bailleurs de Fonds et autres représentants de la Communauté internationale.

Qu’on ne s’étonne donc plus de voir Marc Ravalomanana évoquer la souveraineté nationale à longueur de temps, quitte à en faire une utilisation galvaudée, car cela n’a d’autre but que de le préserver de ce dont il redoute le plus : son éviction du pouvoir.

Toujours est-il que l’opposition n’a pas à s’arrêter aux menaces directes ou indirectes de Marc Ravalomanana. Les Sénateurs ont en quelque sorte essayé de se sauver la face en adoptant la stratégie d’une confrontation directe avec le Chef de l’État, mais vu la portée de leurs actions depuis l’avènement de ce pouvoir, on peut douter de leur véritable efficacité.

C’est pourquoi, toutes les autres composantes, qu’ils soient opposants déclarés ou simples associations issue de la société civile et luttant pour la démocratie, doivent poursuivre le « forcing » et continuer, quoi qu’il en coûte, à porter des coups de boutoirs jusqu’à ce que l’édifice ériger par ce pouvoir malfaisant s’effondre.

De plus et pour finir, la souveraineté nationale n’est pas la propriété d’un seul homme, en l’occurrence Marc Ravalomanana, elle appartient définitivement au Peuple qui l’exerce à travers ses différents représentants, dixit la Constitution.

Body C.

Supplément d’informations concernant la déclaration faite par Honoré Rakotomanana (Madagascar Tribune du 16.07.07) s’agissant de la légalité de la rencontre entre les Sénateurs et Marc Ravalomanana.

En substance, Honoré Rakotomanana affirme que la Constitution a été respectée en invoquant toute une série d’interprétations que l’on peut qualifier de personnelles.

Cependant, l’on peut également douter de l’impartialité de ce Sénateur qui n’en n’est pas à sa première incartade.

Pour rappel, il fut nommé en 1995 Procureur adjoint au « Tribunal criminel international pour le Rwanda », fonction qu’il dut quitter deux ans plus tard, suite à des soupçons de corruption et de détournement de fonds. Il fut ensuite de nouveau récupéré par Didier Ratsiraka et tout en assurant son rôle de haut conseiller au sein du parti AREMA et spécialement auprès de Didier Ratsiraka, il occupa tour à tour les fonctions de Président de la HCC et de Président du Sénat. Il fut également à l’origine du fondement de la Constitution de 1998, c’est-à-dire la mise en avant des Provinces autonomes.
Lors des évènements de 2002 et sous son conseil, Didier Ratsiraka opta pour la sécession des cinq provinces contre la province de Tananarive, ce qui entraîna en partie la reconquête sanglante déclenchée par Marc Ravalomanana et ses réservistes.

Ayant échappé à la vindicte du nouveau pouvoir pour des raisons que lui seul connaît, il fut de nouveau mise en avant de la scène politique, en codirigeant le comité préparatoire de la dernière révision de la Constitution initié par Marc Ravalomanana et dont on connaît les conditions d’adoption.

Bref, vu le passé mouvementé de ce Sénateur qui semble ne pas se soucier outre mesure de ce que c’est que d’avoir des convictions et de s’y tenir, passant allègrement d’un camp à l’autre sans jamais rendre de compte à quiconque, on peut clairement affirmer qu’il joue là une nouvelle partition qui ne peut être qu’en adéquation avec celle des nouveaux maîtres du pays.



Déclaration de Kofi Annan relative à la démission de Honoré Rakotomanana (1997).


LE SECRETAIRE GENERAL ACCEPTE LA DEMISSION DU PROCUREUR ADJOINT ET DU GREFFIER DU TRIBUNAL CRIMINEL INTERNATIONAL POUR LE RWANDA

19970226

Le porte-parole du Secrétaire général, M. Kofi Annan, a fait aujourd'hui la déclaration suivante :

Le Secrétaire général, après avoir étudié le rapport du Bureau des services de contrôle interne sur le Tribunal criminel international pour le Rwanda, en a discuté les conclusions avec ses principaux conseillers au Siège, ainsi qu'avec le Président et le Procureur du Tribunal pour le Rwanda. Il a aussi reçu individuellement, le Procureur adjoint, M. Honoré Rakotomanana et le Greffier, M. Andronico Adede. Il en a conclu que les résultats de l'enquête, selon lesquelles il y a de sérieuses déficiences dans la gestion et les opérations, exigeaient une action décisive.

À cause de la grande importance que les Nations-Unies Unies et la communauté internationale accordent au travail du Tribunal, le Secrétaire général a décidé qu'il ne serait pas dans l'intérêt des Nations-Unies Unies et du travail du Tribunal, dans un cas concernant une tragédie humaine aux dimensions incalculables de garder plus longtemps les deux fonctionnaires du Tribunal dans leur poste.

M. Rakotomanana et M. Adede, après en avoir débattu avec le Secrétaire général et avoir accepté que les intérêts supérieurs des Nations-Unies Unies et du Tribunal étaient primordiaux, ont présenté leur démission de leurs postes respectifs. M. Adede a également démissionné de l'Organisation. Le Secrétaire général a accepté ces démissions et les procédures administratives réglant leur séparation de l'Organisation sont maintenant en cours. Il faut cependant mentionner que l'enquête n'a trouvé aucune preuve de corruption ou de détournement de fonds.

Le Secrétaire général a décidé, après consultation avec le Président du Tribunal, de nommer M. Agwu Okali du Nigeria comme nouveau greffier du Tribunal pour le Rwanda, sa nomination prenant effet immédiatement. M. Okali occupe en ce moment le poste de Directeur et Adjoint du Sous-Secrétaire général, au Centre des Nations-Unies Unies pour les établissements humains (Habitat) à Nairobi. Il a travaillé au Bureau des affaires juridiques et a occupé le poste de Directeur du Bureau d'Habitat à New York.

L'annonce du remplacement du Procureur adjoint sera faite sous peu.

 

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