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C’est par une dépêche de l’AFP, relayée par quelques quotidiens nationaux et internationaux, que l’on apprend l’expulsion manu militari du père jésuite français, M. URFER Sylvain.
Installé depuis 33 ans à Madagascar, celui-ci s’est vu annuler, du jour au lendemain, son visa de séjour permanent avec ordre de quitter le territoire sous 48 heures et, interdiction d’y remettre les pieds.
Officiellement, aucune raison particulière n’a été fournie par le pouvoir pour justifier cette expulsion, mais on peut aisément penser que cela a un rapport avec les tensions politiques actuelles. En effet, le pouvoir de Marc Ravalomanana n’a jamais été en aussi mauvaise posture, incapable d’enrayer la misère et de satisfaire aux besoins élémentaires de la population, notamment en fournissant un service essentiel comme l’électricité. En lieu et place du dialogue ou de la recherche immédiate des solutions pouvant atténuer les tensions populaires, le régime continue au contraire de s’enfoncer plus en avant dans une posture intransigeante, intolérante, brutale et violente. Par ailleurs, avec le pouvoir actuel, il est d’usage de « frapper d’abord et de poser les questions après ». C’est pourquoi en commentaire à cette expulsion, beaucoup de partisans du régime espèrent fortement que le jour où le pouvoir donnera sa version des faits, celle-ci sera tellement implacable que personne n’ira se plaindre ou s’offusquer des méthodes employées à l’encontre de ce père jésuite et plus généralement à tous ceux qui s’opposent à ce régime dictatorial. En attendant, il semblerait que personne ne veuille assumer la responsabilité de cette expulsion. À peine si l’on a entendu dire que l’ordre serait venu des services de renseignements de la police, une manière comme une autre de noyer le poisson et de brouiller les pistes afin qu’on ne remonte pas jusqu' à la présidence qui est le véritable donneur d'ordres dans pareil cas. Craignant certainement quelques représailles de la part de la France et d’un certain Nicolas Sarkozy nouvellement élu Président de la République, l’on constate également de l’effervescence sur les sites pro Ravalomanana. Cela se traduit par la mise en route et l’alimentation d’une campagne de diffamation dénonçant pêle-mêle les conditions dans lesquelles les étrangers seraient traités en France. C’est là une façon lâche et hypocrite de justifier l’expulsion d’un Français de Madagascar, un peu comme pour dire que le régime de Marc Ravalomanana ne fait que rendre la monnaie de sa pièce à la France. Néanmoins pour un Français expulsé, les mêmes qui crachent dans la soupe offerte par leur terre d’accueil, devraient se méfier de leurs propos déplacés, car le nombre de Malgaches en situation irrégulière résidant en France n’a certainement pas échappé aux services de renseignement français et un retour de bâton n’est pas à exclure. Mais pourquoi s’inquiéter de cela, puisque paraît-il, sous l’ère Ravalomanana, Madagascar est devenu un paradis, par conséquent, ceux qui y retourneraient de force n’auraient donc pas de raison de se plaindre. Body C.
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